3000-Mondes

Quelle est la signification du terme Trois Milles Mondes en un instant ? Tous les phénomènes sont contenus dans chaque instant de vie. C'est le principe suprême du bouddhisme, il signifie que tous les êtres peuvent atteindre la Boddhéité.

Les Trois Mille Mondes en un Instant de Vie

Le grand maître chinois T'ien t'aï, exposa le principe d'Ichinen Sanzen (3000 Mondes en un instant de vie) dans le Maka Shikan, sur la base du Sûtra du Lotus. Dans le cinquième volume du Sûtra du Lotus, Shakyamuni explique que « Les dix Etats sont contenus dans une pensée, et les Dix Etats sont contenus dans chacun des dix états, cela fait cent mondes. Trois Domaines de l'existence sont compris dans un état. Ainsi, à un instant donné, la vie renferme Trois Milles Mondes. S'il n'y a pas de vie, cela n'existe pas, mais dans toutes les vies, il existe Trois Milles Mondes ».

    Les trois milles mondes sont constitués par les Dix Aspects de la Vie et les Dix Etats exposés dans l'enseignement théorique du Sûtra du Lotus; chacun des Dix Etats contenant les dix autres, cela fait mille mondes, et, avec les Trois Domaines de l'existence, on obtient Trois Milles Mondes.

    Ainsi, le principe de Trois Milles Mondes en un instant est la synthèse d'analyses de la vie élaborées à partir de différents points de vue : les Dix Etats, les Dix Aspects et les Trois Domaines de l'existence.


Les Dix Etats

L'état d'enfer - Dans cet état, on n'a aucune liberté et on n'éprouve que rancune et colère envers soi-même et les autres. C'est un état de souffrance totale. « La fureur est le monde de l'enfer ».

L'état d'avidité - A propos de l'avidité, Nichiren Daïshonin dit : « La convoitise est le monde de l'avidité ». On est alors dominé par les désirs, et l'on souffre d'insatisfaction.

L'état d'animalité - « La bétise est le monde de l'animalité », dit Nichiren. Dans l'état d'animalité, on n'a pas la capacité de distinguer correctement le bien du mal, et on suit l'humeur du moment. « L'animalité consiste à s'entre-tuer ». Lorsqu'une personne est dans cet état, elle agit selon la loi du plus fort.

L'état de colère - A propos du quatrième état, Nichiren Daïshonin dit que « la méchanceté est le monde de la colère ». Dominé par son petit égo, on désire paraître mieux que l'on est, et l'on devient incapable de voir ce qui est juste. On se bat sans cesse contre les autres.

L'état d'humanité - Pour ce qui est du cinquième, « le calme est le monde de l'humanité ». C'est un état de tranquillité naturel à l'être humain.

L'état de bonheur temporaire - « La joie est le monde du bonheur temporaire », dit Nichiren. Dans le sixième état, on est heureux lorsque nos désirs sont satisfaits, mais cette joie est éphémère. Avec le temps, elle se dissipe.

L'état d'étude et d'absorption - L'état d'étude est celui des personnes qui s'éveillent en entendant l'enseignement du Bouddha, par extension c’est celui qui consiste à étudier les enseignements théoriques et littéraux alors que, dans l'état d'absorption, on s'éveille soi-même par l'observation directe des phénomènes de la vie (intérieure et extérieure).

Ces deux états sont ceux où, comprenant l'impermanence de ce monde, on essaie de saisir la vérité permanente et on découvre une parcelle de vérité. Mais l'éveil des personnes des Deux Véhicules est seulement partiel.

L'état de boddhisattva - Un boddhisattva est celui qui ne cesse de faire des efforts pour parvenir à l'éveil suprême, la boddhéité. Il se caractérise par l'esprit de recherche visant la boddhéité et, en même temps, par des actes en faveur des autres, par exemple, par la transmission des bienfaits obtenus par la pratique bouddhique. Dans cet état, on manifeste de la bienvaillance envers les autres.

L'état de bouddha - L'état suprême, la boddhéité, se caractérise par une bienveillance infinie à l'égard de tous les êtres, et par la sagesse permettant de percevoir le passé, le présent et l'avenir, ainsi que l'éveil à la Loi qui régit tous les phénomènes. C'est un état indestructible de bonheur absolu.

Chaque être humain possède les dix états de façon inhérente. Bien que l'on soit tantôt influencé par l’un ou l'autre ils sont mutuellement incluent les uns dans les autres et sont, soi manifestés, soi latents . Il s’agit de l’inclusion mutuelle des dix état de vie. Tous les êtres ont de fait le potentiel d'atteindre la boddhéité. Tel est l'enseignement du Sûtra du Lotus.


Les Dix Aspects

Ce sont les aspects communs aux Dix Etats. Aussi bien l'état d'enfer que la boddhéité possèdent ces dix aspects de la vie. Dans le 2° chapitre du Sûtra du Lotus, on peut lire que « l'entité réelle de tous les phénomènes ne peut être comprise et partagée que par tous les bouddhas. Ses aspects sont : l'apparence, la nature, l'entité, le pouvoir, l'influence, la cause inhérente, la cause externe, l'effet latent, la rétribution et leur cohérence du commencement jusqu'à la fin ». L'apparence, la nature et l'entité concernent l'essence même de tous les phénomènes, tandis que le pouvoir, l'influence, la cause inhérente, la cause externe, l'effet latent et la rétribution désignent les modes de fonctionnement de la vie. La cohérence du commencement jusqu'à la fin signifie que les trois premiers aspects - apparence, nature et entité - et les suivants - du pouvoir à la rétribution - se manifestent dans les Dix Etats mais ne font qu'un entre eux.


Les 3 Domaines d'Existence

Selon T'ien-t'aï, les trois principes de différenciation sont les trois dimensions du monde phénoménal dans lesquelles les Dix Etats se manifestent : un être vivant est une existence individuelle qui, à tout moment, manifeste l'un ou l'autre des Dix Etats. Les cinq agrégats sont les éléments qui constituent un être vivant. L'environnement est le lieu où l'être vivant se meut et agit.

Les cinq agrégats sont :
la forme, ou l'aspect physique de la vie, doté de couleur et de forme.
La forme comprend également les cinq organes des sens par lesquels l'être perçoit le monde extérieur.
la perception,
ou la fonction de recevoir des informations extérieures par les six organes des sens (les cinq organes des sens, plus «l'esprit« qui intègre les impressions des cinq sens).
la conception,
ou conceptualisation, la fonction par laquelle la vie saisit et forme quelque idée ou concept de ce qui a été perçu.
la volonté
, ou décision d'entreprendre une action quelconque en fonction de ce que l'on a perçu et dont on s'est forgé une idée.
la conscience,
ou la fonction de la vie qui discerne, qui peut établir des jugements de valeur, distinguer entre le bien et le mal, etc. Elle intègre également les quatre autres éléments.

    Le domaine des êtres vivants se compose des individus, formés par une union temporaire des cinq agrégats. Alors que le principe des cinq agrégats analyse les fonctions physiques et mentales qui composent un être vivant, le principe des êtres vivants désigne un individu dans son intégrité, capable d'agir en relation avec son environnement. Ce principe peut recouvrir également un pluriel, un groupe d'êtres vivants.

    Le principe de l'environnement désigne le lieu où les êtres vivants habitent et où se situent leurs activités. Les différences des Dix Etats se manifestent dans l'environnement en fonction de la condition de vie des êtres qui y résident. Ainsi, Nichiren Daïshonin écrit dans une de ses lettres qu'« il n'existe pas deux sortes de terres, pure et impure en elles-mêmes. Il n'y a que la pureté ou l'impureté de notre coeur ».

 

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