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Acculturation Soka
Lorsque j'ai repris la succession de la gestion du site Soleil-Lotus en 2004, après mon ami Didier GIBAUD, j'avais conscience qu'une religion s'inscrit réellement et harmonieusement dans un pays comme le notre si ses croyants prennent "en main" son intégration de manière citoyenne, dans l'esprit et le respect du cadre et des règles de la laïcité du pays. Mon prédécesseur axait l'édition du site sur Nichiren DAISHONIN, restant discret sur l'affiliation Soka. En effet, sont but premier en 1997 était de combler le vide initial sur l'internet, autour du Nichirénisme, avec à terme une idée d'édition. Il en fut donc le pionnier francophone sur le web bouddhique, nous lui devons cette reconnaissance.
J'avais entendu en conférence, lu et compris ce qu'exprime le sociologue Karel DOBBELAERE*, quand il parle d'acculturation pour les nouvelles religions, en particulier pour la manière respectueuse et tolérante dont la Soka Gakkai s'intègre dans les (190) pays et territoires du monde, en respectant les règles, us et coutumes de la société. C'est pourquoi, sur Soleil-Lotus, avais-je aussi commencé à parler de la Soka Gakkai, de sa situation discriminée en France, de Daisaku IKEDA, de citoyenneté et de laïcité sur les pages informatives et d'actualités du site. J'étais encore assez irrité quand à ce que me renvoyait cette situation. Je souffrais de cette discrimination en tant qu'être humain, me sentant victime d'une injustice subie, relative à l'exclusion dans ma vie. C'est ce qui a grandement motivé mon envie de combattre cette injustice, parfois avec véhémence, en pensée et parole, mais surtout pacifiquement en action, en affichant ouvertement et simplement cette obédience sur l'internet. J'ai essayé de faire du site Soleil-Lotus un "modèle de transparence" quand à ce qu'est le culte Nichirénite et la philosophie bouddhique Soka, en terme d'approche pédagogique. Cependant, d'autre sites comme Univers-Soka et Soka-World qui jouaient le même rôle, non sans talent, ont disparu de la toile. J'ai regretté pour ma part ces disparitions quand à la valeur complémentaire de leurs contenus. Il faut aussi leur rendre hommage, quelles que soient les raisons de leurs retraits respectifs.
Il est possible de dire que le site Soleil-Lotus, est, très relativement et à infime échelle naturellement, à l'association du bouddhisme Soka (représentée officiellement par le Consistoire Soka en France), ce qu'un média du web tel que le magazine "Le Pélerin" est à l'Eglise Catholique, voire "aux églises". C'est à dire une initiative citoyenne de croyants, périphérique et indépendante, sans rapport de subordination avec les hiérarchies du culte. D'ailleurs, pour le moment, l'organisation Soka en France se garde d'encourager, ni même de valoriser de telles initiatives, laissant simplement le choix aux pratiquants de les prendre, dans le sens d'une acculturation naturelle et donc "non promotionnelle". Cela qui pourrait lui être reproché en terme de prosélytisme "agressif", si c'était l'inverse. (J’en ai personnellement voulu aux respondables du pays de ne jamais exprimer la moindre reconnaissance pour l’existence de ce site, mais je le comprends ainsi désormais).
Je n'ai personnellement aucune responsabilité dans le mouvement. Si j'en avais une je me devrais de le faire savoir, par souci de transparence. On peut comprendre ainsi que l'indépendance du Forum-Soka et du blog Révolution humaine, qui sont des initiatives autonomes, est démocratiquement fondamentale et aussi respectée. Elles démontrent, s'il en est, non seulement une volonté de participer ouvertement à la vie citoyenne des croyants bouddhistes Soka, mais, de plus, une capacité pour ceux-ci à rentrer en communication avec la société de manière libre et responsable. Ni tabou, ni contrôle des hiérarchies du culte, chacun utilise naturellement des moyens de communication moderne, tels ceux du web "1 et 2". Cette liberté sur le net est toute aussi vraie dans le quotidien anonyme des pratiquants, elle en est simplement un reflet. On ne peux donc pas comparer ces initiatives, non plus, aux excellentes publications de Cap sur la Paix et 3ème CIV qui sont toutefois des organes informatifs et pédagogiques internes reliés directement à l'organisation. Ils s'adressent principalement aux pratiquants, on peut naturellement et à terme attendre de les retrouver sur le web, comme ça existe déjà en Italie, m'a t-on-dit.
La volonté de "Rendre plus visible l'identité bouddhiste de l'association", "Simplifier l'organisation du mouvement en France", "Pérenniser le mouvement de manière durable pour l'avenir", selon les termes de la communication officielle Soka, ont conduit à fonder à nouveau l'an dernier (fin 2006) les structures associatives de l'organisation bouddhique. (Cultuelles loi 1905, ACSBN*, et culturelles loi 1901, ACFS* et ACEP*, fiscalisée pour cette dernière). Ce changement c'est naturellement appuyé sur la base de la détermination des responsables du mouvement. Ils étaient désireux de répondre scrupuleusement aux règles du fonctionnement des cultes dans le paysage laïque français et de correspondre parfaitement à ce que peut en attendre le législateur et le politique. Cette attitude fut appuyée par la détermination de tous les pratiquants de voir le mouvement reconnu à sa juste valeur, dans le pays. Il s'agit bel et bien d'une clarification de la position légale du culte bouddhiste Soka de Nichiren, en France. Bouddhisme Soka dont le dogme est admis par le gouvernement comme étant porteur de valeurs saines et constructives pour la vie de la cité. Le sujet est exhaustivement et clairement explicité sur les sites Réponses Soka quand au respect de la Loi républicaine et Consistoire Soka "pour une évaluation équitable du culte du bouddhisme de Nichiren", en France.
Pour ce que j'en sais, les valeureux pionniers japonais de la propagation du bouddhisme de Nichiren étaient des personnes ordinaires non initiées, évidemment, aux subtilités juridiques entre les associations dites cultuelles, loi 1905 et culturelles, loi 1901, fondement des règles de la laïcité. Qui l'est véritablement en dehors des juristes compétents ? Imaginons nous véhiculer le christianisme au japon, sans parler la langue, ou si peu ! Ainsi les anciennes structures Soka du pays ne permettaient pas forcément, pour le législateur, une distinction suffisamment nette entre les lois 1901 et 1905. La confusion des genres a pu contribuer à l'étiquetage "sectaire" des associations ayant été listée comme telle par les commissions parlementaires, d'après mes sources. Nos aînés ont tout de même créé initialement des structures associatives de la manière qui leur semblaient appropriée et légale, sans qu'on le leur reproche. C'est ce qui a permis à tous les pratiquants, à court, moyen ou long terme, de se chercher, de se retrouver, de s'épanouir dans la pratique de ce bouddhisme. Pour ce que j'ai pu en entendre aussi, l'Etat n'a pas été "très aidant", non plus, voire pas du tout, en ce qu'il s'agissait de permettre à ses Nouveaux Mouvements Religieux d'établir leurs structures organisationnelles sur des bases juridiques irréprochables, tel les attend le législateur. En l'absence d'une véritable politique d'intégration réelle des cultes, l'Etat a ainsi laissé faire un peu "de tout et n'importe quoi", pour de très nombreuses associations. Les raisons appartiennent probablement aux "insondables arcanes de l'instrumentalisme politicien", trop souvent dualiste. Il aurait pourtant suffit d'accompagner sainement ses structures par le biais d'organismes appropriés, en favorisant ainsi leur insertion harmonieuse dans une société non discriminante. Voilà qui devrait être l'esprit réellement laïque et républicain, si celui-ci comprenait véritablement le rôle de la religion dans la société. On peut donc légitimement en douter ?
Le mahatma Gandhi (1869-1948) disait qu'aucun être humain ne peut vivre sans religion : "Ceux qui prétendent que la religion n'a aucun lien avec la politique ne comprennent pas ce qu'est la religion." Même si c'est un érudit, celui qui pense qu'il n'existe aucun lien entre religion et politique ne connaît pas le vrai sens de la religion ; il ne connaît ni la société, ni la politique, ni l'histoire. En d'autre termes, ce grand sage, Gandhi, a déclaré qu'une personne qui ne connaît pas le sens de la religion ne connait pas non plus le sens de la vie. il fait preuve ici d'une perception pleine de sagesse et souligne un fait largement reconnu. Dans Discours et entretiens de Daisaku Ikeda. N° 137. Mai 2003. P. 65, 66.
Voila encore qui aurait pu éviter à bien des groupes pacifiques d'être regardés en "chien de faïences dit sectaires", maltraités comme tel, alors que plus le temps passe, plus on s'aperçoit qu'il n'y à décidément "rien", ou si peu, à leur reprocher. Le politique aurait pu se passer des ambivalences ternissants un peu plus son image au passage, douloureuses à vivre pour les membres de ces groupes, quand à sa volonté réelle de ne pas discriminer, et sans favoriser un climat terriblement délétère dans le pays autour de ces obédiences fleurissantes. Cultes dits "Nouveaux Mouvement Religieux" pour les sociologues réellement compétents qui les étudient sérieusement, eux ! Organismes bien moins "sectaires", que ce que l'on à pu en dire trop souvent et fort heureusement, que ceux qui les accusent de l'être, sans fondements véritablement sérieux*. Ainsi, certains sites internet qui sévissent en tête des hit-parades calomnieux et mensonger des moteurs de recherches, tel Prévensecte.com sur Google, en ont donc profité pour faire leur choux gras des publications des tabloïds Japonais, en se gardant bien de propager largement les valeurs démocratique de vérité et de justice, pourtant clairement acquises à ceux qu'ils accusent à tort ! Je parle là de Daisaku IKEDA, président de la Soka Gakkai Internationale, à ce niveau reconnu pour la haute teneur de son dialogue et de son combat humaniste pour la paix mondiale, très largement blanchi dans l'affaire de diffamation Nobuhiras', ce qui est démontré en anglais sur le site Sokaissue , dont voici l'équivalent en Français.
L'attitude de “Prévensecte.com”, pour ne parler ici que d'eux, est pourtant de faire croire le contraire, dans sa manière hautement condamnable de présenter cette affaire et tout le reste sur notre organisation pacifiste et humaniste, en étalant grandement le scandale plutôt que la vérité démocratique. A ce titre, en tant que citoyen ainsi discriminé, je me dois de noter que "le législateur" en France, l'Etat en réalité, laisse bien trop souvent véhiculer de la fausse information qui nuit gravement à l'image de notre mouvement bouddhique, de son président et de ses membres, sans dénoncer officiellement des méthodes qu'il qualifie pourtant de "sectaires" par ailleurs, par le biais de la MIVILUDES qui semble, hélas, ne faire "qu'à moitié" son travail. Il s'agit bel et bien ici d'une politique du deux poids et deux (dé)mesures. Elle s'entretient dans la dualité et entretient des phénomènes de culpabilité collective, ne créant finalement aucune cohésion nationale autour des valeurs Républicaine et laïques réelles, respectueuse des différences. Je ne suis personnellement pas suffisamment au fait de la législation pour savoir jusqu'où la liberté d'expression autorise un tel niveau de nuisance de la part de ces sites internet indubitablement calomnieux ? Il ne s'agit là ni de "caricature" ni même de que l'on pourrait appeler de "blasphèmes" à l'égard du caractère sacrée de la vie, quoi que (?), mais surtout d'une opposition à la Loi de la vie selon la conception bouddhique respectueuse de celle-ci. Il s'agit encore en tout les cas bel et bien de désinformation, voire de "diffamation" ? Seul le juriste pouvant le déterminer pour se dernier terme, au juge de le condamner comme tel, le cas échéant !
Etant discriminé en tant que citoyens français, du fait de notre croyance et notre appartenance au mouvement, nous sommes aussi en droit d’attendre, de réclamer et d’obtenir des réponses quand aux actions officielles à ce sujet...
C'est pourquoi nous nous devons de saluer et féliciter les efforts des responsables associatifs dans le mouvement bouddhique Soka en France ! Ils ont su tenir compte des conseils judicieux qui leur on été donné pour cette mise en conformité et s'entourer de cabinet de juristes compétents pour ce faire. C'est aussi un emploi des dons constructifs qu'il faut leur renvoyer avec respect, en les remerciant aussi pour cela. Tout ceci qui répond de la volonté d'intégration harmonieuse de l'organisation dans la société. C'est ainsi qu'en tant que membre de l'organisation, je me sens encore plus libre de prendre la parole et de la publier, bien que je le faisais déjà sur Soleil-Lotus depuis plusieurs années, plus discrètement.
Une autre étape sera certainement franchie quand nos responsables, tels ceux du Consistoire Soka, viendront échanger ouvertement sur nos blogs, publier sur nos sites indépendants, à terme dans d'autres médias, leurs points de vue et idées. Tels nous pouvons voir des prêtres, imams, évêques ou Grand Rabin, répondre à des interviews ou être invités à s'exprimer dans des médias qui affichent leur obédience, sans pour autant être des émanations directes de celle ci, voulues par celle-ci. Pour le moment je n'ai pas d'échos qui peuvent me faire dire que les responsables Soka se soient penché sur le sujet, leur discrétion laisse la question ouverte ? Il faut dire qu'étant revenu depuis 2003 dans ma Bretagne finistérienne, je ne les vois que très rarement. C'était différent du temps ou je vivais dans le sud-est, non loin du centre culturel européen de TRETS. Par ailleurs ils sont peu nombreux, travaillent, ont une vie de famille, mais pas le don d'ubicuité. Ils se trouve que les pratiquants sont principalement concentré dans les plus grandes zones urbaines, ce qui tend naturellement à solliciter la présence officielle de manière plus prégnante à ces endroits. Je ne serai pas tout à fait juste ici, si je ne remerciais pas les responsables, celui du département des femmes et des hommes pour la région, ce dernier devenu ensuite celui des hommes pour tout le pays, d'être venu à deux occasions et formidablement nous soutenir près de Quimper, en faisant un allez retour de dix heures de train en tout, depuis Paris dans la journée !
L'internet, à ce titre, est un média qui mériterait d'être pris en considération plus largement quant au moyen simple de communiquer avec tous les membres du pays directement, afin de mieux tenir compte des "isolés" dans les zones rurales ou autres qui viennent parfois se dire sur la liste de discussion du site Soleil-Lotus : Dialogues bouddhistes Soka. Pour tout ce que j'ai développé ici, j'aspire à voir occasionnellement nos officiels venir s'exprimer dans la blogosphère Soka librement. Je concède qu'ils devront pour ce faire se sentir en harmonie avec l'esprit du lieu communiquant. Pour ma part, j'en suis encore au stade de l'expérimentation quand à cette expression rédactionnelle. Mon objectif est de progresser constamment et humainement pour être véritablement digne des valeurs bouddhiques que véhicule notre philosophie de vie humaniste et mon maitre, Daisaku IKEDA. J'espère à terme voir de nombreux pratiquants de l'organisation et ses officiels venir parler sur nos blogs de révolution humaine, avec leur propres mots et expériences de celle-ci.
Nous pourrions aussi, pourquoi pas, envisager ensemble l'avenir de la communication bouddhique Soka sur le web avec sérieux, sérénité et joie, il reste beaucoup à faire. Au delà de l'existant, il y a bien des choses à valoriser sur ce média pour donner de notre mouvement et du bouddhisme extraordinaire qu'il véhicule une image harmonieuse avec ses multiples réalités, créatrices de valeurs de paix et de bonheur pour l'humanité. Tout reste à créer.
Respectueusement
Yann PATIN DE SAULCOURT
Article initialement publié le 2 novembre 2007 sur le blog http://www.revolution-humaine.fr/index.php/2007/11/02/acculturation-soka/
Photographie : Centre Européen de Trets, Hall Ikeda © 2004-2008. Daniela Albinger, photographe. Avec son aimable autorisation. Site internet
- ACSF : Association cuturelle Soka de France
- ACEP : Association pour la culture, lâ€Ã©ducation et la paix (Fiscalisée) Publication, diffusion, ventes objet de cultes, etc.
- ACSBN : Association Cultuelle Soka du Bouddhisme de Nichiren
- Karel DOBBELAERE : "La Soka Gakkai. Un mouvement de laïcs de l'école bouddhiste de Nichiren devient une religion. Edition ELLEDICI. Collection Religions et Mouvements". Directeur Massimo INTROVIGNE.
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