Chine

Le Bouddhisme est arrivé en Chine par la Route de la Soie. Cela lui permit de se systématiser grâce, surtout, au grand Maître T'ien-t'aï.

Arrivée en Chine

Le Bouddhisme Mahayana fut florissant à Ghandara, au nord de l'actuel Afghanistan et trouva son chemin vers l'est par la Route de la Soie, pour atteindre finalement la Chine. Il est certain que le Bouddhisme fut introduit en Chine un peu après le début de l'ère chrétienne. Mais il fut probablement transmis, dans quelques régions de Chine, quelques siècles plus tôt.

    Le confucianisme et le Taoïsme étaient déjà établis en Chine à l'époque. Les enseignements de Confucius (551-479 avant J.C.) soulignent le besoin d'ordre et d'harmonie dans les relations humaines en société. Toutefois, les gouvernants chinois firent peu de cas des conseils de Confucius et ses doctrines n'eurent guère d'effets pratiques de son vivant. Ce fut sous la dynastie des Han que ses enseignements furent finalement reconnus, devenant une philosophie d'état et plus tard, presque une religion d'Etat. Le Taoïsme est basé sur les enseignements de Lao-Tseu. Il accorde une grande importance à une vie en harmonie avec la nature et prône la non-intervention dans le cours des événements naturels.

 

Systématisation du Bouddhisme

Le Bouddhisme, inévitablement, se modifia dans le contexte spirituel chinois et se développa de façon surprenante. En Inde, le Bouddhisme n'avait jamais encore été organisé en un système philosophique, mais après son introduction en Chine, il fut systématisé, comme l'avait été le Confucianisme un peu plus tôt. Toutefois, au cours de ce processus de mise en ordre et de systématisation de la totalité des écrits, de multiples opinions divergentes s'exprimèrent pour déterminer quels étaient les sûtras les plus profonds, ceux qui contenaient les véritables intentions de Shakyamuni. Cela conduisit à des controverses. Au V° et VI° siècles, un certain nombre d'écoles étaient établies en Chine, généralement désignées comme les Trois Ecoles du Sud du fleuve Yang-Tze, et les Sept Ecoles du Nord. Le Grand Maître T'ien-t'aï fit entrer la totalité des innombrables sûtras bouddhiques dans un système de classification. De plus, plusieurs écoles bouddhiques furent influencées par la pensée taoïste populaire, et connurent également une grande vogue.

    En survolant l'histoire du Bouddhisme en Chine, nous remarquons que, du I° au VIII° siècle, malgré les très grandes difficultés que présentait un tel voyage, bon nombre de moines chinois se rendirent en Inde pour y rechercher les enseignements bouddhiques, et, que de leur côté de nombreux moines indiens allèrent en Chine. Ils se consacrèrent à l'introduction et à la traduction des textes bouddhiques. En Chine, la croyance dans le Sûtra du Lotus se répandit principalement grâce à la traduction chinoise qu'en fit Kumarajiva, Miao fa lien houa king. Elle servit également de base à T'ien-t'aï pour établir la doctrine profonde du Bouddhisme.

 

Le Grand Maître T'ien-t'aï

 Le véritable nom de T'ien-t'aï est Chih-i et son titre, le Grand Maître Chih-che (le sage). On l'appelle communément le Grand Maître T'ien-t'aï parce que son principal centre d'activités se trouvait sur le Mont T'ien-t'aï, en Chine du sud.

    Sa pensée et sa pratique étaient fondées sur les enseignements de Shakyamuni, et tout particulièrement sur le Miao fa lien houa king, traduction chinoise du Sûtra du Lotus par Kumarajiva. D'un point de vue général, toutefois, il poursuivit ses études du Bouddhisme en s'appuyant sur les enseignements de Nagarjuna. Hui-wen et Hui-ssu sont les maîtres qui amenèrent T'ien-t'aï à se rapprocher du coeur du Sûtra du Lotus. En suivant les directives de Hui-ssu (appelé plus tard le Grand Maître Nan-Yüeh), T'ien-t'aï s'exerça à la pratique bouddhique pour saisir l'essence du Sûtra. On rapporte qu'il atteignit finalement l'Eveil à l'âge de vingt-trois ans. T'ien-t'aï obtint le soutien de l'empereur de la dynastie Ch'en, et lui exposa son enseignement. Il fut également respecté par l'Empereur Yang, de la dynastie des Sui, qui unifia toute la Chine sous son règne. C'est cet empereur qui lui décerna le titre de Grand Maître Chih-che.

 

 

La Classification de T'ien-t'aï

La contribution de T'ien-t'aï dans la systématisation du Bouddhisme est importante à plus d'un titre. D'une part, il classifia un très grand nombre de sûtras bouddhiques et les répartit en Cinq périodes et Huit Enseignements. Par cette classification, T'ien-t'aï attribue une valeur relative à chacun des sûtras et détermine la place que chaque texte devait avoir. En définitive, il établit la supériorité du Sûtra du Lotus et proclame que tous les autres sûtras sont des enseignements préparatoires destinés à accroitre la capacité des gens à comprendre l'enseignement ultime du Bouddha tel qu'il est révélé dans le Sûtra du Lotus. Du même coup, il réfute les vues de nombreuses autres écoles, généralement acceptées en Chine à l'époque, qui voulaient déterminer quel sûtra ou quel ensemble de sûtras contenaient les véritables intentions du Bouddha Shakyamuni. D'autre part, sur la base du Sûtra du Lotus, il formula la doctrine d'Ichinen Sanzen et en fit le principe ultime du Bouddhisme.

 

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