Enseignement

L'Enseignement de Shakyamuni

L'origine interdépendante en est le principe fondamental. En japonais, on emploie le terme engi, qui signifie "survenir à cause de liens". C'est-à-dire que tout ce qui existe n'a pas d'existence fixe, que c'est par des relations causales d'interdépendance que les choses naissent, se développent, déclinent et disparaissent. C'est le principe de la relation d'interdépendance de l'existence.

La cause du bien et du mal est inhérente à nous-même, mais elle se manifeste lorsque s'établissent des relations d'interdépendance avec l'environnement. Le résultat apparaît sous forme de souffrance ou de joie. Telle est la Loi de causalité enseignée par le bouddhisme. Et cette Loi existe à travers les trois phases de la vie, le passé, le présent et le futur. Dans le "Traité pour ouvrir les yeux", Nichiren Daishonin compare le confucianisme, le brahmanisme et le bouddhisme. Ce qui caractérise le bouddhisme est qu'il révèle la loi de causalité. En s'appuyant sur le principe d'origine interdépendante et sur la loi de causalité, Shakyamuni a expliqué que la cause de la souffrance réside dans le fait qu'on considère son petit égo comme étant une entité immuable. En ce qui concerne la vie quotidienne, Shakyamuni a dénoncé l'hédonisme et son opposé, l'ascétisme, et il a enseigné la voie du milieu. Pour plus de clarté, il a organisé son enseignement en quelques grandes théories, par exemple les Douze maillons de la chaîne de causalité, les Quatre nobles vérités, l'Octuple noble chemin.

 

La Compilation des Enseignements

Shakyamuni a laissé un enseignement considérable, appelé les quatre-vingt-quatre milles corbeilles (ou quatre-vingt milles). Après sa disparition, ses enseignements furent d'abord transmis oralement, et plus tard, ses disciples se réunirent pour le compiler sous forme de sûtras, afin de le transmettre correctement à la postérité. Le premier concile eut lieu juste après la mort de Shakyamuni, autour de Mahakashyapa, Ananda, Upali et Rajagriha, qui confirmèrent leur souvenir de l'enseignement de Shakyamuni.

Les sûtras du Hinayana, tels que le sûtra Agon, furent compilés en premier (observation des préceptes nécessaires pour maintenir la discipline dans les ordres monastiques).

Cent ans plus tard se tint le Second Concile bouddhique et deux cents ans plus tard, le Troisième eut lieu sous la protection du Roi Ashoka. Puis, quatre cents ans après la mort du Bouddha, le Quatrième Concile eut lieu sous le patronage du Roi Kanishka. Tel est le récit de la tradition, bien qu'il soit difficile de déterminer, avec exactitude, à quelles époques eurent lieu ces conciles.

 

Les Sûtras du Mahayana

Vers le deuxième siècle avant notre ère, avec le sûtra Hannya, commença la compilation des sûtras du Mahayana, qui apprennent que la sagesse s'obtient par un entraînement de boddhisattva - des actions pour le bien des autres (largement propagés parmi les laïcs). On suppose que le Sûtra du Lotus, l'enseignement suprême du bouddhisme, fut compilé vers le premier siècle avant notre ère. Les dates précises n'étant pas connues, certains chercheurs ont dit que les sûtras du Mahayana n'étaient pas de Shakyamuni. Mais le progrès des recherches sur l'apparition des sûtras et de leurs doctrines a montré que les germes des sûtras du Mahayana se trouvaient déjà dans les sûtras du Hinayana. Les sûtras du Mahayana sont donc conformes à la pensée et à l'esprit de Shakyamuni, et il est maintenant évident qu'on ne peut pas nier leur véracité. Par exemple, le concept de ku (non-substantialité), qui se trouve dans les sûtras du Mahayana, est un développement du principe d'origine interdépendante et de la Loi de causalité. A la différence du Hinayana qui envisage le caractère éphémère de tous les phénomènes d'un point de vue négatif, le Mahayana enseigne l'importance de la voie du boddhisattva qui se consacre au bien-être des autres en même temps qu'à son propre perfectionnement.

Cela correspond bien à la vie de Shakyamuni qui illustra la voie du milieu et de la bienveillance. On ne peut donc plus dire que seuls les sûtras du Hinayana sont l'enseignement du Bouddha parce qu'ils sont les plus anciens. Et on peut considérer la compilation des sûtras du Mahayana comme étant la renaissance du bouddhisme, comme la revitalisation de l'esprit fondamental de Shakyamuni.

 

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