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Dans cette lettre, Nichiren souligne l'importance de l'unité. Il encourage ses disciples à renforcer leur foi et à développer une unité qu'aucune force extérieure ne pourrait briser, alors qu'ils subissent des persucétions menées par des écoles religieuses rivales à Atsuhara.
Source : L&T Vol.1, p.169 (Ed. ACEP)
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Sur Itaï Doshin
J'ai bien reçu le vêtement blanc d'hiver et celui de coton capitonné, ainsi qu'un kan de pièces qu'Hôki-bô m'a fait parvenir. Unis par leur foi courageuse, Hôki-bô, Sado-bô et les pratiquants d'Atsuhara ont démontré la véritable force d'itaï dôshin.
Lorsque itaï dôshin [un même coeur dans des corps différents] prévaut parmi les hommes, ils sont assurés d'atteindre leur but ; en revanche, s'ils agissent en dôtai ishin (un même corps mais des coeurs différents), ils ne peuvent rien réaliser de remarquable. Les littératures confucéenne et taoïste comportent plus de trois mille volumes qui illustrent bien ce principe. Le roi Tcheou de la dynastie yin, à la tête d'une armée de 700 000 soldats, affronta le roi Wou de la dynastie Tcheou qui, lui, ne disposait que de 800 hommes. Or, grâce à leur parfaite unité et en dépit de leur infériorité numérique, les hommes du roi Wou remportèrent la victoire sur les troupes divisées du roi Tcheou.
Une seule personne finira par échouer si ses buts sont contradictoires. Par contre, cent, mille personnes animées d'un même esprit sont assurées de réaliser leur objectif. Bien que nombreux, les Japonais auront du mal à réaliser quoi que ce soit, parce qu'ils ont l'esprit divisé. A l'inverses, j'ai la conviction que, malgré leur petit nombre, Nichiren et ses disciples réaliseront la mission suprême de propager le Sûtra du Lotus parce qu'ils agissent dans l'esprit d'itaï dôshin. Une seule averse suffit à éteindre de multiples foyers d'incendie, et une seule grande vérité aura raison de multiples forces maléfiques. Nichiren et ses disciples le démontrent aujourd'hui.
Depuis de nombreuses années, vous pratiquez le Sûtra du Lotus avec dévotion, et vous avez également fait preuve d'une foi remarquable au cours des récents événements d'Atsuhara. C'est ce que m'ont rapporté Hôku-bô, Sado-bô et bien d'autres. J'en ai informé fidèlement la divinité du Soleil et Tenshô Daijin.
J'avais l'intention de vous répondre plus tôt, mais il n'y avait personne pour porter ma lettre, Nisshô étant parti trop vite pour que je puisse la terminer avant son départ.
Certains se demandent peut-être s'il y aura effectivement une autre attaque mongole ; pour ma part, je suis convaincu qu'elle est imminente. Une invasion serait déplorable - elle signifierait la ruine de notre pays - mais, si elle ne se produit pas, les Japonais calomnieront plus que jamais le Sûtra du Lotus, et tomberont tous dans l'enfer des souffrances incessantes.
La nation sera peut-être dévastée par la force supérieure des Mongols, mais les offenses à la Loi bouddhique cesseront presque entièrement. Une défaite serait comme la guérison d'une maladie par le moxa ou le traitement d'une douleur par l'acupuncture : tous deux sont pénibles sur le moment, mais apportent ensuite un soulagement.
Moi, Nichiren, suis l'envoyé du Sûtra du Lotus, alors que les Japonais sont semblables au roi Mihirakula qui fit disparaître le bouddhisme en Inde. L'empire Mongol peut être comparé au roi Himatala des Montagnes neigeuses, messager du ciel envoyé pour punir les ennemis du Sûtra du Lotus. S'ils se repentent, les Japonais seront comparables au roi Ajatashatru qui, parce qu'il devint un fidèle disciple du Bouddha, guérit de la lèpre et prolongea sa vie de quarante années. Comme Ajatashatru, ils pratiqueront la foi malgré leur incroyance antérieure et s'éveilleront à l'éternité de la vie.
Avec mon profond respect Nichiren
Le sixième jour du huitième mois

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