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Le Bouddhisme au Japon
Au VI° siècle de l'ère chrétienne, le Bouddhisme fut transmis au Japon, en passant par la Corée. A l'époque, le Japon n'avait pas encore de système religieux à proprement parler. On y observait certaines pratiques du culte des ancètres et du culte de la nature. Avant que les Japonais finissent par accepter le Bouddhisme, le pays fut déchiré par des luttes entre les principaux clans, pour savoir s'il fallait ou non rejeter cette nouvelle religion. Finalement, le Bouddhisme et le culte des dieux Shinto locaux en vinrent à coexister. La situation devint la même qu'en Chine avec le Bouddhisme, le Taoïsme et le Confucianisme. Les divinités locales furent incorporées au système philosophique du Bouddhisme sous la forme de divinités bouddhiques, de la même manière que les dieux particuliers à l'Inde s'étaient amalgamés au Bouddhisme.
Au Japon, le Bouddhisme devint la base spirituelle du pays. Le prince Shotoku, régent de l'Empereur, reconnut formellement le Sûtra du Lotus et les autres sûtras Mahayana comme des enseignements qui pouvaient protéger et unifier le pays. L'Empereur Shomu fit construire de nombreux temples provinciaux pour les moines et nonnes aux frais de l'Etat à travers tout le Japon. Le centre en devint le temple Tadoï-ji, dans la capitale, Nara. Le Sûtra du Lotus et le Sûtra Konkomyo (Sûtra de la Lumière Dorée) étaient tenus en grande estime dans les temples. Dans les temples pour nonnes, le Sûtra du Lotus était considéré comme supérieur à tous les autres, car il enseigne que les hommes et les femmes peuvent atteindre la boddhéité de la même manière, alors que les autres dénient cette possibilité aux femmes. Graduellement, le Bouddhisme se répandit dans tout le peuple sur la base de la croyance dans le Sûtra du Lotus.
Les Ecoles de Nara (710-794)
Bien que tout d'abord les temples n'aient pas été affiliés à des écoles spécifiques, lorsque, plus tard, de nouveaux sûtras furent introduits de Chine au Japon, des sectes hinayanistes qui insistaient sur l'observance des préceptes s'établirent. Le Bouddhisme passa du statut de quasi religion d'état à celui d'une religion divisée en de multiples écoles.
A l'époque de Nara, six écoles Bouddhiques s'épanouissaient à Nara, capitale du Japon de l'époque. Ce sont les écoles Kegon, Hosso, Kusha, Jojitsu, Ritsu et Sanron. Ceux qui poursuivaient l'étude du Bouddhisme allaient d'une école à l'autre, et s'exerçaient à la pratique bouddhique avec leurs maîtres particuliers. Toutefois, ces écoles ne tardèrent pas à polémiquer entre elles. De ces premières écoles, seules Kegon, Hosso et Ritsu existent encore sous forme d'organisations religieuses indépendantes, mais leur influence est extrèmement faible.
Période Heian (794-1185)
Au début de la période Heian, quand le Grand Maître Dengyo fonda l'école Tendaï, en s'appuyant sur le Sûtra du Lotus, les écoles de Nara essayèrent de l'attaquer. La croyance dans le Sûtra du Lotus, que le grand Maître Dengyo renforça avec la philosophie de T'ien-t'aï, pût connaître grâce à lui une forte renaissance.
L'école Shingon, fondée par Kobo (appelé Kukaï), base sa doctrine sur le Sûtra Dainichi (en sanskrit Mahavairochana). Kobo ne s'attaqua pas ouvertement au Sûtra du Lotus du vivant de Dengyo, mais après sa mort, il proclama qu'il était inférieur aux Sûtras Daïnichi et Kegon (Guirlande de fleurs). Finalement, même les grands-prêtres de l'école Tendaï tombérent sous l'influence du Shingon et furent contaminés par les doctrines erronées de l'enseignement ésotérique et la pratique de l'école Shingon.
Vers la fin de cette période, Honen fonda l'école Jodo ou Nembutsu (de la Terre Pure) et popularisa la pratique de la récitation du nom du Bouddha Amida (en sanskrit Amithaba) dirigeant l'espoir de ses pratiquants vers le salut dans une autre vie.
Epoque de Kamakura (1185-1333)
Enfin, les enseignements Zen, amenés au Japon par des moines chinois, se constituèrent en école à cette époque. Cette école enjoint ses adeptes à rechercher l'illumination par la pratique de la méditation assise, sans poursuivre d'études doctrinales ni réciter de sûtra.
En cette époque de fermentation sociale et religieuse apparut Nichiren Daishonin. En théorie, son Bouddhisme est fondé sur les doctrines de T'ien-t'aï et de Dengyo, mais sa pratique est faite pour les hommes ordinaires. Il va plus loin que le Bouddhisme chinois, qui avait dépassé les limitations de la pensée indienne, et il a le pouvoir de trouver son chemin dans le coeur de tous les peuples de la terre.

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