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Cette lettre réaffirme le contenu profond du "Traité sur le véritable objet de Vénération", mais de façon plus concise.
Source: L&T Vol.2, p.261 (ACEP)
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Lettre à Gijô-bô
J'AI EXAMINE attentivement votre question concernant la doctrine bouddhique. Le bienfait du Sûtra du Lotus ne peut être compris et partagé que par les bouddhas. C'est une sorte d'illumination que même la sagesse des émanations du bouddha Shakyamuni dans l'univers entier a grand peine à concevoir. C'est pourquoi, comme vous le savez, le Grand Maître T'ien-t'ai a défini le mot Myô [de Nam Myoho Renge Kyo] comme ce qui est mystérieux. Le Sûtra prône une grande diversité de pratiques, mais seuls T'ien-t'ai, Miao-lo et Dengyô ont su en comprendre le sens profond. Le Grand Maître Dengyô, en particulier, fut la réincarnation de T'ien-t'ai. Néanmoins, il envoya des émissaires en Chine en de nombreuses occasions, pour dissiper les doutes. Les principes essentiels du Sûtra [du Lotus] sont l'implication réciproque des Dix États, cent mondes et mille modalités d'expressions de la vie, ainsi que ichinen Sanzen. Ce sont des principes d'une grande importance énoncés dans le Maka Shikan.
L'enseignement du chapitre Juryô revêt pour moi Nichiren une signification particulière. T'ien-t'ai et Dengyô le comprirent presque entièrement mais ne le révélèrent pas explicitement, et c'est également vrai de Nagarjuna et Vasubandhu. Le Jigage [partie versifiée du chapitre] indique : « N'ayant à l'esprit qu'un seul désir, celui de voir le Bouddha, il ne donne pas sa vie à contrecoeur ». Moi Nichiren, j'ai fait surgir la boddhéité du plus profond de ma vie en vivant selon cette phrase. C'est ainsi que j'ai révélé les Trois Grandes Lois ésotériques, en concrétisant le principe d'ichinen sanzen contenu dans le chapitre Juryô. C'est une vérité précieuse que nous devons garder !
Le Grand Maître du mont Hiei [Dengyô], se rendit en Chine pour y apprendre le sens profond de cette phrase du Sûtra. « Seul » dans « n'ayant à l'esprit qu'un seul désir » désigne l'unique voie pure et « l'esprit » indique tous les phénomènes. Le Grand Maître T'ien-t'ai expliqua le caractère chinois « coeur » [ou « esprit »] en disant qu'il consiste en quatre traits de pinceau représentant la lune et trois étoiles et qu'il implique que le coeur des hommes ordinaires est fondamentalement pur. Mon interprétation de ce passage est que « Seul » correspond à Myô, « l'esprit », à Hô, « désir » à Ren, « Voir » à Ge et « Bouddha » à Kyô. Pour propager ces cinq caractères de Myôhô Renge Kyô, il faut être prêt à donner sa vie. « N'ayant à l'esprit qu'un seul désir, celui de voir le Bouddha » implique aussi voir le Bouddha dans son propre coeur, penser uniquement à voir le Bouddha, et réaliser que voir son propre coeur équivaut à voir le Bouddha. J'ai atteint la boddhéité, les Trois Corps [les propriétés de l'illumination éternellement inhérentes à la vie] en vivant cette phrase. En enseignant cela, je dépasse sans doute T'ien-t'ai et Dengyô, Nagarjuna et Mahakashyapa. Progressez sans cesse, sans relâche dans votre foi. Le Bouddha enseigne qu'il faut devenir maître de son coeur et non laisser son coeur devenir le maître. C'est pourquoi je vous ai toujours exhorté à vous consacrer au Sûtra du Lotus sans ménager votre corps, au risque de votre vie. Nam Myoho Renge Kyo, Nam Myoho Renge Kyo.
Nichiren
Le vingt-huitième jour du cinquième mois de la dixième année de Bun'ei [1273]

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