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Rissho Ankoku Ron 2° partie
“Traité pour la pacification du pays par l'établissement de la Loi correcte”
L'HÔTE répondit : « On pourrait citer de multiples passages et offrir quantité de preuves. Ainsi, on peut lire dans le sûtra Konkômyô : " [Les Quatre Rois du ciel dirent au Bouddha] Ce sûtra existe bien dans le pays, mais les gouvernants n'ont jamais autorisé sa propagation. Leur coeur s'en détourne, et ils ne prennent aucun plaisir à entendre ses enseignements. Ils ne le servent pas, ne le respectent pas, ne l'admirent pas. Ils n'ont pas non plus l'intention d'accorder leur respect ou un soutien matériel aux Quatre Sortes de bouddhistes qui adhèrent au sûtra. Il en résulte que nous, et la multitude des autres êtres célestes qui sont nos disciples, ne pouvons plus entendre les enseignements de ce profond et merveilleux Dharma. Ils nous ont privés de la douce rosée de ses mots et nous coupent du flot de la Loi correcte, nous faisant perdre majesté et pouvoir. Ainsi, le nombre d'êtres dans les quatre mauvaises voies va en augmentant, tandis que ceux qui goûtent les états d'humanité et de bonheur temporaire deviennent de plus en plus rares. Les hommes tombent dans le fleuve de la naissance et de la mort, tournant le dos à la voie du nirvana. Honoré du Monde, en constatant cela, nous, les Quatre Rois du ciel, ainsi que nos divers adeptes, yakshas et autres êtres, abandonnons ce pays, car nous n'avons plus le coeur de le protéger. Et nous ne sommes pas les seuls à rejeter ainsi ceux qui gouvernent. Inéluctablement, toutes les divinités bienveillantes qui protègent et observent les innombrables régions du pays les rejetteront également. Et, dès que nous et les autres aurons abandonné et déserté ce pays, toutes sortes de désastres s'y produiront et les gouvernants perdront leur pouvoir. Pas une seule personne dans toute la population n'aura le coeur enclin à la bonté; partout, ce ne seront qu'arrestations, meurtres et discorde. Les hommes se calomnieront mutuellement ou se flatteront les uns les autres, et les lois puniront même des innocents. Les épidémies se répandront, des comètes apparaîtront sans cesse, deux soleils brilleront côte à côte et des éclipses se produiront à une fréquence inhabituelle. Deux arcs-en-ciel, l'un noir et l'autre blanc, formeront sur la voûte céleste des présages de mauvais augure, les étoiles quitteront leur orbite, la terre tremblera, et des bruits s'élèveront des puits. Il y aura hors saison des pluies torrentielles et des ouragans, la famine sera constante, et graines et fruits ne mûriront pas. Des maraudeurs venus de nombreuses autres régions envahiront et pilleront le pays; le peuple subira toutes les peines et les misères possibles, et l'on ne trouvera plus un seul endroit où vivre en sécurité." Le sûtra Daijuku dit : "Quand les principes du bouddhisme seront obscurcis et perdus, les hommes laisseront pousser leur barbe, leurs cheveux et leurs ongles, et les lois du monde seront oubliées et ignorées. Quand viendra cette époque, un grand fracas se fera entendre et la terre tremblera; le monde entier se mettra en mouvement comme s'il était posé sur les pales d'un moulin à eau. Les remparts des villes se fissureront et s'effondreront, toutes les maisons et les habitations disparaîtront. Racines, branches, feuilles, pétales et fruits perdront leurs venus curatives. A l'exception des cinq cieux les plus élevés des mondes de la forme, toutes les régions des mondes de la forme et du désir se trouveront privées des Sept Parfums et des Trois Essences qui nourrissent la vie et la société humaine, jusqu'à ce qu'il ne reste plus rien de vivant. Quand viendra cette époque, tous les bons traités conduisant l'homme à l'éveil disparaîtront. Les fleurs et les fruits produits par la terre se feront plus rares et perdront leur goût et leur douceur. Tous les puits, toutes les sources et les mares s'assécheront, partout la terre deviendra stérile, se fendra et se disloquera, formant buttes et ravines. Toutes les montagnes seront balayées par le feu, et les dragons du ciel ne feront plus tomber la pluie. Les plantes se dessécheront et mourront, toutes les créatures vivantes périront et même l'herbe cessera de pousser. Une pluie de poussière tombera jusqu'à tout obscurcir et masquer la lumière du soleil et de la lune. Dans les quatre directions, la sécheresse sévira, et des présages funestes apparaîtront sans cesse. Les Dix Mauvaises Actions se répandront de plus en plus, en particulier l'avidité, la colère et l'ignorance, et les êtres humains n'auront pas plus d'égards pour leurs père et mère que n'en a le chevreuil. Le nombre des êtres vivants, leur longévité, leur force physique et leur joie déclineront. Ils s'éloigneront des plaisirs des états d'humanité et de bonheur temporaire pour tomber tous dans les mauvais états de vie. Les souverains et les mauvais moines accomplissant ces Dix Mauvaises Actions détruiront la Loi correcte du Bouddha et rendront impossible la renaissance des êtres sensitifs dans les états d'humanité et de bonheur temporaire. Quand viendra cette époque, les diverses divinités bienveillantes et les rois exemplaires, d'ordinaire si pleins de compassion envers les êtres vivants, abandonneront ce pays en proie aux cinq impuretés pour aller vers d'autres régions." On peut lire dans le sûtra Ninnô : "Quand un pays connaît des désordres, ce sont les esprits maléfiques qui montrent d'abord des signes d'agitation. Parce que ces esprits maléfiques s'agitent, tous les hommes du pays sombrent dans la discorde. Les envahisseurs viennent piller le pays, et les gens du peuple sont anéantis. Le souverain, les principaux ministres, l'héritier présomptif ainsi que les autres princes et officiels du gouvernement se querellent, chacun prétendant avoir raison. Ciel et terre sont le théâtre de prodiges et d'événements étranges; les vingt-huit constellations, les étoiles, le soleil et la lune apparaissent à intervalles irréguliers et dans des positions anormales, d'innombrables hors-la-loi surgissent." Dans le même sûtra, on y lit encore : "Quand je regarde les trois phases [passé, présent et futur], avec les Cinq Sortes de vision, je vois que tous les souverains du pays sont parvenus à la position d'empereur ou de roi parce qu'ils ont servi cinq cents bouddhas dans des existences passées. Et c'est pourquoi les divers sages et arhats naissent dans leur pays et contribuent au bien-être de la société. Mais si la bonne fortune de ces souverains s'épuise, alors tous les sages les abandonneront et s'en iront. Une fois les sages partis, les sept désastres se produiront immanquablement." Le sûtra Yakushi dit : "Si les désastres et les calamités s'abattaient sur les [membres de la classe régnante des] kshatriya et sur les rois les plus puissants, voici quels seraient ces désastres : des épidémies parmi la population; une invasion étrangère; des luttes intestines; des phénomènes étranges et irréguliers parmi les étoiles et les constellations; des éclipses du soleil et de la lune; du vent et de la pluie hors saison et le désastre de l'absence de pluie lorsque c'est la saison." Dans le sûtra Ninnô, le Bouddha s'adresse ainsi [au roi Prasenajit] : "Grand roi, la région où l'on suit mes enseignements s'étend aujourd'hui sur cent milliards de mondes Sumeru éclairés par cent milliards de soleils et de lunes. Chacun de ces mondes Sumeru comprend quatre grands continents. En Jambudvipa, l'empire du Sud, on trouve seize grands pays, cinq cents de taille moyenne, et dix mille petits. Dans ces pays, sept sortes de calamités effrayantes peuvent se déclarer. Tous les gouvernants de ces pays admettent qu'il s'agit bien de calamités. Quelles sont- elles ? Quand le soleil et la lune s'écartent de leur cours régulier, quand les saisons se succèdent en ordre inverse, quand apparaît un soleil rouge ou un soleil noir, quand deux, trois, quatre ou cinq soleils apparaissent en même temps, quand le soleil s'éclipse et cesse de briller, ou quand une, deux ou trois couronnes astrales apparaissent autour du soleil, c'est la première calamité. Quand les vingt-huit constellations ne suivent pas leur cours régulier, quand l'étoile de Métal, l'étoile du Balai, l'étoile de la Roue, l'étoile du Démon, l'étoile du Feu, l'étoile de l'Eau, l'étoile du Vent, l'étoile de l'Entonnoir, la Grande Ourse, la Petite Ourse, les grandes étoiles des Cinq Garnisons [qui gardent Saturne] et les très nombreuses étoiles qui gouvernent la destinée du souverain, des trois hauts dignitaires et des cent autres officiels, quand chacune de ces étoiles présente des phénomènes étranges, c'est la deuxième calamité. Quand d'immenses feux consument le pays et que tous les hommes meurent dans les flammes, ou quand éclatent le feu des démons, le feu des dragons, le feu du ciel, le feu du dieu de la montagne, le feu d'origine humaine, le feu de la forêt et le feu des criminels, quand de tels prodiges apparaissent, c'est la troisième calamité. Quand de gigantesques inondations noient la population, quand les saisons se succèdent en désordre, lorsqu'il y a de la pluie en hiver, de la neige en été, du tonnerre et des éclairs durant la saison froide, et de la glace, du givre ou de la grêle en plein été, quand tombe une pluie rouge, noire ou verte, quand pleuvent des monceaux de terre et de pierres, de la poussière, du sable ou du gravier, quand le courant des rivières ou des torrents s'inverse, quand seules les montagnes surnagent et que les rochers sont emportés par les flots, quand des événements anormaux de ce genre se produisent, c'est la quatrième calamité. Quand la puissance du vent devient meurtrière et quand terres, montagnes et rivières, arbres et forêts sont d'un seul coup dévastés, quand de grands vents se déclenchent hors saison ou que des vents noirs, des vents rouges, des vents verts, des vents du ciel, des vents de la terre, des vents du feu et des vents de l'eau soufflent, quand se produisent des prodiges de cette sorte, c'est la cinquième calamité. Quand le ciel et la terre ainsi que tout le pays souffrent de canicule si terrible que l'air semble en feu, quand les cent plantes se dessèchent et que les cinq grains ne peuvent plus mûrir, quand la terre est rouge et brûlée et que les habitants périssent tous, quand des anomalies de ce genre se produisent, c'est la sixième calamité. Quand des ennemis surgissent de toutes parts et envahissent le pays, quand des rebelles se manifestent dans les deux branches de la famille du souverain, quand apparaissent les pillards du feu, les pillards de l'eau, les pillards du vent et les pillards du démon, quand la population est sujette à la dévastation et au désordre, et quand combats et pillages éclatent partout, quand des perturbations de ce genre se produisent, c'est la septième calamité." Dans le sûtra Daijuku il est dit : "Même si le souverain d'un État a observé la pratique du don pendant d'innombrables existences passées, en obéissant aux préceptes et aux principes de la sagesse, s'il voit que ma Loi, le Dharma du Bouddha, est menacée de périr et reste passif, sans rien faire pour la protéger, l'accumulation inestimable de toutes les bonnes causes dues à ses pratiques passées sera entièrement annulée et son pays deviendra le théâtre de trois événements malencontreux. Le premier est le prix élevé du grain, le deuxième la guerre, et le troisième les épidémies. Toutes les divinités bienveillantes abandonneront le pays, et le roi aura beau promulguer des édits, le peuple n'y obéira pas. Le pays sera constamment envahi et contesté par les nations voisines. De violents incendies feront rage sans pouvoir être maîtrisés, les vents et les pluies nuisibles se multiplieront, les fleuves enfleront et déborderont, et les habitants seront emportés par le vent ou balayés par les flots. La famille du souverain, du côté paternel comme du côté maternel, se liguera pour fomenter une révolte. Peu après, le souverain tombera gravement malade, perdra la vie et renaîtra dans un des enfers majeurs. [...] Le même destin frappera l'épouse du souverain, son héritier, les hauts dignitaires de l'Etat, les seigneurs des villes, les chefs des villages et les généraux, les administrateurs des provinces, ainsi que les représentants du gouvernement."
Les passages que j'ai tirés de ces quatre sûtras sont parfaitement clairs. Y a-t-il seulement une personne sur dix mille qui puisse douter de leur signification ? Et pourtant, les aveugles et les égarés font confiance aux doctrines erronées et ne parviennent pas à reconnaître les enseignements corrects. Par là même, dans tout le pays, de nos jours, les gens sont enclins à se détourner des bouddhas et des sûtras, et ne s'efforcent plus de les protéger. En retour, les divinités bienveillantes et les sages abandonnent le pays et quittent leur résidence habituelle. Il en résulte que les démons et les adeptes des doctrines non bouddhiques créent des désastres et font subir des fléaux à la population. »
(Fin 2° partie...)

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