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Rissho Ankoku Ron 7° partie (Fin)
“Traité pour la pacification du pays par l'établissement de la Loi correcte”
L'HOTE S'EXCLAMA, ravi : « Comme le dit le proverbe, la colombe s'est changée en faucon, le moineau en palourde !
Quelle joie ! En restant près de moi, vous vous êtes transformé et, comme l’armoise poussant dans un champ de chanvre, vous avez appris à vous tenir droit ! Si vous voulez vraiment considérer les désastres que j'ai décrits et avoir pleinement foi en mes paroles, alors les vents souffleront avec douceur, les vagues s'apaiseront, et, très rapidement, les récoltes deviendront abondantes.
Mais le coeur d'une personne peut changer avec le temps, et la nature d'une chose peut être modifiée par son environnement. Comme le reflet de la lune dans l'eau s'agite avec les vagues ou comme les soldats des premières lignes ont peur des sabres de l'ennemi, vous aussi, même si, pour l'instant, vous êtes convaincus par mes propos, vous pourriez, je le crains, les oublier plus tard complètement.
A l'heure actuelle, si nous voulons avant tout apporter la sécurité au pays et prier pour notre bonheur, en cette vie et dans nos vies futures, nous devons sans attendre réfléchir à la situation et prendre immédiatement des mesures pour y remédier.
Pourquoi est-ce que je parle ainsi ? Parce que, des sept sortes de désastres décrits dans le passage du sûtra Yakushi que j'ai cité plus tôt, cinq se sont déjà produits. Seuls deux d'entre eux doivent encore apparaître, le "désastre de l'invasion étrangère" et le "désastre de la guerre civile". Et des trois calamités mentionnées dans le passage du sûtra Daijuku, deux sont déjà apparues. Il n'en reste plus qu'une, la "calamité de la guerre".
Les différentes sortes de désastres et de calamités énumérées dans le sûtra Konkômyô se sont produites l'une après l'autre. Seule la calamité de "l'invasion et le saccage du pays par des brigands et pillards étrangers" doit encore se concrétiser. C'est le seul fléau qui ne se soit pas encore manifesté. Et des sept désastres énumérés dans le sûtra Ninnô, six nous frappent maintenant de plein fouet. Seul l'un d'eux n'est pas encore apparu, le désastre qui prend la forme "des ennemis venus des quatre coins et envahissant le pays".
De plus, comme il est dit dans le sûtra Ninnô, "Quand un pays connaît des désordres, ce sont d'abord les esprits maléfiques qui montrent des signes d'agitation. Parce que les esprits maléfiques s'agitent, tous les hommes sombrent dans la discorde."
En examinant attentivement la situation présente à la lumière de ce passage, nous constatons que les divers esprits maléfiques se déchaînent depuis quelque temps, et que bien des gens ont péri.
Si le premier désastre prédit dans le sûtra s'est déjà produit, et il est évident que c'est le cas, comment pouvons-nous douter de la venue des autres désastres ? Si, en rétribution des doctrines mauvaises actuellement respectées, les désastres qui ne sont pas encore apparus nous accablent l'un après l'autre, ne sera-t-il pas trop tard pour réagir ?
Les empereurs et les rois s'appuient sur l'Etat et apportent la paix et l'ordre à leur époque ; les ministres et les gens du peuple exploitent leurs terres et leurs jardins et subviennent aux besoins du monde. Mais, si des brigands venus de l'étranger envahissent le pays, ou si une guerre civile éclate et que les gens voient leurs terres confisquées et pillées, que pourrait-il y avoir d'autre que terreur et confusion ? Si le pays est détruit et que les familles sont anéanties, où pourra-t-on alors s'enfuir pour trouver refuge ? Si vous vous préoccupez, si peu que ce soit, de votre sécurité personnelle, ne devriez-vous pas tout d'abord prier pour l'ordre et la paix aux quatre coins du pays ?
Il me semble que les hommes, en ce monde, s'interrogent tous avec frayeur sur leur sort dans la vie prochaine. C'est pourquoi certains placent leur foi dans des enseignements erronés, ou honorent ceux qui s'opposent à la Loi. Il m'est insupportable de les voir confondre ainsi le juste et le faux, et je regrette que, tout en ayant rencontré le bouddhisme, ils aient choisi la mauvaise voie. Avec le pouvoir de la foi qui se trouve en leur coeur, pourquoi faut-il qu'ils accordent vainement leur confiance à des doctrines erronées ? S'ils ne se défont pas des illusions auxquelles ils s'accrochent mais continuent à entretenir des idées fausses, alors ils quitteront rapidement le monde des vivants pour tomber dans l'enfer des souffrances incessantes.
Ainsi, il est dit dans le sûtra Daijuku : "Même si le souverain d'un État a pratiqué le don d'offrandes pendant d'innombrables existences passées, en observant les préceptes et en obéissant aux principes de la sagesse, s'il voit ma Loi, le Dharma du Bouddha, menacée de périr et reste passif, sans rien faire pour la protéger, l'accumulation inestimable de toutes les bonnes causes créées par ses pratiques passées sera entièrement effacée. [...] Peu après, le souverain tombera gravement malade, perdra la vie et renaîtra dans l'un des enfers majeurs... Le même destin frappera l'épouse du souverain, son héritier, les hauts dignitaires de l'Etat, les seigneurs des villes, les chefs des villages et les généraux, les administrateurs des provinces, ainsi que les officiels du gouvernement."
Le sûtra Ninnô stipule : "Si un homme détruit les enseignements du Bouddha, aucun de ses enfants ne sera loyal envers lui, il sera en désaccord avec ses proches parents et ne sera pas protégé par les divinités célestes. La maladie et les esprits maléfiques viendront le tourmenter jour après jour, des désastres s'abattront sans cesse sur lui, et le malheur le suivra où qu'il aille. A sa mort, il tombera dans l'enfer, l'avidité ou l'animalité. Même s'il renaît en tant qu'être humain, il sera un esclave-soldat. La rétribution suivra, comme l'écho suit le son ou comme l'ombre suit la forme. Une personne écrivant la nuit peut toujours éteindre la lampe, les mots qu'elle a écrits demeurent. Il en est de même de la destinée que nous nous créons nous-mêmes dans le monde des Trois Plans."
On peut lire dans le second volume du Sûtra du Lotus : "Celui qui refuse d'avoir foi en ce sûtra et au contraire, s'y oppose... Après sa mort, il tombera dans l'enfer des souffrances incessantes." Et dans le septième volume, au chapitre Fukyô, il est dit : "Pendant mille éons, dans l’enfer des souffrances incessantes, ils endurèrent des tourments effroyables."
On lit dans le Sûtra du Nirvana : "Si quelqu'un s'écarte des bons amis, refuse d'écouter la Loi correcte et se consacre aux enseignements erronés, sa rétribution sera de tomber dans l'enfer des souffrances incessantes où il connaîtra d'indescriptibles tourments."
Quand nous examinons cette grande diversité de sûtras, nous remarquons qu'ils mettent tous l'accent sur la gravité de l’offense à la Loi. Comme il est regrettable que tous les hommes s'éloignent ainsi de la porte de la Loi correcte pour s'enfoncer si profondément dans la prison de ces dogmes malfaisants ! Comme il serait stupide qu'ils tombent, l'un après l'autre, dans les traquenards de ces doctrines mauvaises et restent si longtemps prisonniers des filets de ces enseignements erronés !
Ils perdent leur chemin dans ces brumes épaisses et sombrent au beau milieu des flammes furieuses de l'enfer. Quel chagrin doivent-ils éprouver ! Comme ils doivent souffrir ! Voilà pourquoi vous devez vous hâter de réformer vos croyances et adhérer au Véhicule suprême, l'unique bonne doctrine [du Sûtra du Lotus]. Si vous agissez ainsi, le monde des Trois Plans se changera tout entier en Terre de bouddha, et comment une Terre de bouddha pourrait-elle jamais connaître le déclin ? Toutes les régions des Dix Directions deviendront des Terres aux trésors, et comment une Terre aux trésors pourrait-elle jamais connaître la ruine ? Lorsque vous vivez dans un pays qui ne connaît ni déclin, ni ruine, votre corps trouve la paix et la sécurité et votre esprit est calme et paisible. Il faut croire mes paroles, et les respecter profondément ! »
Le visiteur dit : « Puisque cela concerne à la fois cette vie et celles à venir, qui pourrait se dispenser d'être prudent en la matière ? Qui pourrait se permettre de ne pas tenir compte de ce que vous dites ? Maintenant, en examinant les passages des sûtras que vous avez cités, et en voyant exactement les mots du Bouddha, je comprends que l'opposition à la Loi est en vérité une offense très grave, et que dénigrer la Loi est bien une faute terrible. J'ai accordé toute ma foi au seul bouddha Amida, rejetant tous les autres. J'ai révéré les trois sûtras de la Terre pure et ignoré les autres sûtras. Mais ce n'était pas dû à des idées déformées par ma propre interprétation. Je ne faisais que suivre les propos d'hommes éminents du passé. C'est également vrai pour tous ceux qui, dans les Dix Directions, suivent les enseignements de la Terre pure.
Mais je comprends maintenant qu'une telle attitude revient à s'épuiser en efforts inutiles dans cette vie et à tomber dans l'enfer des souffrances incessantes dans la prochaine. Les sûtras que vous avez cités sont parfaitement clairs sur ce point et ne laissent pas la moindre place au doute. Grâce à la bienveillance avec laquelle vous m'avez instruit, peu à peu, l'obscurité se dissipe de mon esprit.
Attaquons-nous vite à ces oppositions à la Loi et apportons sans retard la paix au monde, nous assurant ainsi conditions paisibles en cette vie-ci et bonne fortune dans la vie future. Mais il ne suffit pas que moi seul aie foi en vos propos, il faut également corriger les autres de leurs erreurs ! »
Fin

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