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La perception des trois phases de la vie est une caractéristique propre au Bouddha ; Ici, le terme "sage" désigne le Bouddha. Ses prédictions ne reposent pas sur l'intuition, les pouvoirs occultes ou la voyance, mais sur la stricte loi de causalité qui gouverne la vie de toute éternité. C'est grâce à cette compréhension qu'un bouddha peut connaître à la fois le passé et l'avenir.
Source: L&T Vol.2, p.285 (Ed. ACEP)
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Un Sage Perçoit les Trois Phases de la Vie
UN SAGE EST CELUI qui perçoit clairement les Trois phases de la vie [passé, présent, futur]. Les trois souverains et les cinq empereurs auxquels le confucianisme se réfère, tout comme les Trois Sages [de la Chine ancienne], n'appréhendaient que le présent ; ils ne connaissaient ni le passé, ni l'avenir. Les brahmanes, capables de percevoir quatre-vingt mille éons dans le passé et l'avenir, étaient, dans une infime mesure, des sages. Les personnes des Deux Véhicules, [mentionnées dans les enseignements] du Hinayana, connaissant la loi de cause et d'effet pour le passé et le futur, étaient des sages supérieurs aux brahmanes.
Les bodhisattvas du Hinayana percevaient le passé sur une période de trois asôgi éons, alors que les bodhisattvas de tsûgyô [enseignements d'introduction au Mahayana] pratiquaient le bouddhisme pendant autant d'éons qu'il y a de grains de poussière dans un monde, et les bodhisattvas de bekkyô [étape suivante du Mahayana] connaissaient le passé dans chacune des [cinquante deux] étapes [qui mènent à l'illumination]. Dans shakumon [l'enseignement théorique du Sûtra du Lotus], le bouddha Shakyamuni mentionne la période de sanzen-jintengô et c'est pourquoi le Sûtra du Lotus est supérieur aux enseignements précédents. Dans honmon [l'enseignement essentiel du Sûtra], Shakyamuni révèle un passé infiniment lointain appelé gohyaku-jintengô, et prédit des événements devant se produire dans d'innombrables éons à l'avenir.
De ce qui précède, il ressort clairement qu'une compréhension profonde à la fois du passé et du futur est la caractéristique fondamentale d'un sage. Le bouddha Shakyamuni connaissait l'avenir proche, et son nirvana [le moment de sa mort] trois mois auparavant. Comment alors conserver le moindre doute concernant sa prédiction pour un avenir lointain selon laquelle kôsen-rufu se réaliserait dans la dernière des cinq périodes de cinq cents ans [après sa mort] ?
Ainsi, on peut imaginer ce qui est loin à partir de ce qui est proche. Le présent permet de connaître l'avenir. C'est « la cohérence du début jusqu'à la fin » [mentionnée dans le Sûtra du Lotus].
Qui doit-on considérer comme étant le Pratiquant du Sûtra du Lotus dans la dernière période de cinq cents ans ? Jusqu'à présent, je ne me suis pas fait à ma propre sagesse, mais puisque les rébellions et l'invasion [que j'avais prédite] se sont produites, maintenant j'ai confiance en elle. Tout ceci échappe aux autres.
Mes disciples, sachez que moi, Nichiren, je suis le Pratiquant du Sûtra du Lotus. Puisque je suis le continuateur du bodhisattva Fukyô, ceux qui me méprisent et me calomnient auront la tête brisée en sept morceaux, alors que ceux qui croient en moi accumuleront une bonne fortune aussi haute que le mont Sumeru.
Question : Pourquoi ceux qui vous calomnient n'ont-ils toujours pas la tête brisée en sept morceaux ?
Réponse : Depuis les temps anciens, parmi tous ceux qui ont calomnié les saints et les sages autres que le Bouddha, seuls un ou deux ont eu la tête brisée. Le crime de médire de Nichiren n'est pas le fait d'une ou deux personnes seulement. Toute la nation japonaise a eu la tête brisée en même temps. Autrement, pour quelle raison auraient eu lieu le grand tremblement de terre de l'ère Shôka et [l'apparition de] la gigantesque comète de l'ère Bun'ei ? [Parce que] je suis le plus grand sage du monde entier.
[Malgré cela,] tous, du plus puissant au plus humble, m'ont méprisé et calomnié, attaqué à coups de sabres et de bâtons, et même exilé. C'est pourquoi Bonten, Taishaku, les divinités du soleil et de la lune, et les Quatre Rois du ciel ont incité un pays voisin à punir cette offense. Cela était clairement prédit dans les sûtras Daijuku et Ninnô, dans le Sûtra du Nirvana et le Sûtra du Lotus. Même si les gens offrent des milliers de prières et qu'ils ne tiennent pas compte de ce que je dis, ce pays connaîtra le même destin que [les îles] Iki et Tsushima.
Mes disciples, croyez ce que je vous dis et vous verrez ce qui ce passera. [Si ces événements se produisent] ce n'est pas parce que je suis un être supérieur, mais parce que le pouvoir du Sûtra du Lotus est suprême. Si je me dresse, les gens me qualifieront de présomptueux, mais si je me rabaisse, ils mépriseront le Sûtra. Plus un sapin est haut et plus longues sont les glycines [qui s'y accrocheront]. Plus la source est profonde et plus le fleuve est long. Quel bonheur ! Quelle joie ! Sur cette terre impure, moi seul goûte le bonheur véritable.
Nichiren

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