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Neuf jours seulement après la persécution de Tatsunokuchi, Nichiren Daishonin exprime sa profonde admiration à Shijô Kingo, qui avait fait voeu de mourir en martyr auprès de son maître. A son plus fidèle disciple, il révèle partiellement sa véritable identité.
Source : L&T Vol. 1, p. 13 (Ed. ACEP)
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La Persécution de Tatsunokuchi
JE NE SAIS COMMENT vous remercier de vos fréquentes lettres. Au moment de ma persécution, le douze du mois dernier, non seulement vous m'avez accompagné jusqu'à Tatsunokuchi, mais vous vous êtes déclaré prêt à mourir à mes côtés. Cela m'a touché profondément !
Par le passé, en d'innombrables lieux, j'ai perdu la vie : pour mon épouse, pour mes enfants, pour mes terres ou pour mes proches. J'ai sacrifié ma vie dans les montagnes, en mer ou sur un fleuve, sur une plage ou au bord d'un chemin. Mais pas une seule fois je ne suis mort pour le Sûtra du Lotus ni n'ai été persécuté pour avoir récité daimoku ; par conséquent aucune des fins que j'ai connues ne m'a permis d'obtenir l'illumination. Puisque je ne parvins pas à la boddhéité, les mers et les fleuves où je péris ne pouvaient être Terre de Bouddha.
Toutefois, en cette vie, c'est parce que je suis le Pratiquant du Sûtra du Lotus que j'ai été exilé et que j'ai failli être mis à mort - exilé à Itô et presque décapité à Tatsunokuchi. Tatsunokuchi, dans la province de Sagami, est le lieu où Nichiren a donné sa vie. Parce qu'il est mort là-bas pour la cause du Sûtra du Lotus, comment ce lieu pourrait-il être moins qu'une Terre de Bouddha ? Il est dit dans le Sûtra : « Dans toutes les terres de bouddha de l'univers, il n'y a qu'un seul Véhicule suprême ». Cela ne confirme-t-il pas mes propos ? Le Véhicule suprême unique est le Sûtra du Lotus. Il n'y a pas d'enseignement véritable hormis le Sûtra du Lotus dans toutes les terres de bouddha de l'univers. Comme on peut le lire ailleurs dans le Sûtra : « Les enseignements provisoires du Bouddha sont rejetés ». Si tel est le cas, tout lieu où Nichiren se trouve persécuté devient la Terre du Bouddha.
Parmi tous les endroits du monde, c'est à Tatsunokuchi, à Katase, dans la province de Sagami, que demeure la vie de Nichiren. Parce que, là-bas, il abandonna sa vie pour la cause du Sûtra du Lotus, on peut appeler Tatsunokuchi une Terre de Bouddha. C'est le principe énoncé dans le chapitre Jinriki : « Dans un bois aussi bien que dans un jardin, en montagne comme dans une vallée ou dans un grand champ..., les bouddhas entrent dans le nirvana ».
Vous m'avez accompagné, faisant voeu de donner votre vie en tant que pratiquant du Sûtra du Lotus. Votre attitude surpasse de très loin le geste de Hon Yen qui s'ouvrit le ventre et y mit le foie de son seigneur mort, le duc Yi, pour lui épargner la honte et le déshonneur. Lorsque j'arriverai au Pic du Vautour, je proclamerai avant toute chose que Shijô Kingo, aussi bien qu Nichiren, était résolu à mourir pour le Sûtra du Lotus.
Si j'en crois ce qui m'a été confié, il paraît que, sous peu, je serais exilé à Sado, sur ordre du régent Hôjô. Parmi les trois divinités célestes, la divinité de la Lune, en prenant l'apparence d'un objet lumineux, me sauva de la décapitation à Tatsunokuchi. Puis, il y a quelques jours, la divinité des étoiles est descendue à ma rencontre. Il ne reste plus maintenant que la divinité du Soleil. Je suis assuré de sa protection. Comme c'est rassurant ! Le chapitre Hosshi dit : « [Le Bouddha] enverra des divinités sous des formes diverses pour protéger le pratiquant du Sûtra du Lotus ». Cela ne laisse pas place au moindre doute. On lit dans le chapitre Anrakugyô : « Ni le sabre ni le bâton ne pourront lui nuire » et dans le chapitre Fumon : « Le sabre sera instantanément brisé en morceaux ». Aucune de ces phrases du Sûtra ne saurait être fausse. Une foi forte et inébranlable est la chose vitale.
Avec mon profond respect,
Nichiren
Le vingt et unième jour du neuvième mois de l'année de Bun'ei (1271)

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